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1. (Sébastien de BROSSARD, Traité de la manière de bien prononcer, surtout en chantant, les Termes Italiens, Latins & François)
La prononciation du latin « à la française » ou latin gallican.
Pourquoi avons-nous choisi de prononcer la latin « à la française » ?
Le débat ne date pas d’hier et se poursuivra encore longtemps.
La réponse la plus simple que nous puissions donner est que le latin était prononcé ainsi à l’époque de la Chapelle Royale. C’est donc respecter les intentions du compositeur que de reprendre la prononciation de l’époque. Il avait imaginé le texte avec un certain son. Reprendre la prononciation ancienne est donc, en quelque sorte, respecter « l’instrumentation » voulue par le compositeur. Il s’agit de la même démarche qui consiste à utiliser des instruments de musique anciens.
De nombreux documents attestent de cette prononciation. Des grammairiens, phonéticiens, pédagogues ou musiciens ont écrit sur ce thème, dès le 16° siècle.
Nous pouvons ainsi citer Sébastien de Brossard lui-même et son « Dictionnaire de la Musique », le premier dictionnaire français sur le sujet (1). Dans cet ouvrage, Brossard décrit en détail comment émettre chaque son du latin (et du français pour les chants profanes), en donnant des exemples à l’aide de mots « françois ». Il est précis au point d’indiquer, comme les phoniatres d’aujourd’hui, l’amplitude de l’ouverture des lèvres, la position de la langue, etc… pour chaque lettre.
Cette prononciation à la française a perduré jusqu’à la fin du XIX° siècle. Des enregistrements sur rouleau de cire ou 78 tours l’atteste.
Il reste des traces de cette prononciation dans la langue française d’aujourd’hui : Comment prononcez-vous post-scriptum ? un pensum ? un modus vivendi ? un casus belli ? un mémorandum ? un digit ?
Règles de prononciation
La prononciation du latin gallican suit des règles somme toute assez simples : on prononce les mots, en général, comme on les prononcerait s’il s’agissait de mots français. Mais le français connaît de nombreuses exceptions, c’est bien connu.
- le ‘u’ est palatalisé (u français et non « ou » italien), ce qui donne pour ‘Dominus’, « dominusse » et non « dominousse ». Exception notable et courante, le son ‘um’ en fin de mot se prononce « ome » comme dans ‘Dominum’. Les deux sons du ‘u’ se retrouvent dans les mot ‘manuum tuarum’.
Le ‘u’ de ‘qui’ ou de ‘quomodo’ se prononce légèrement. - les voyelles nasales sont respectées et non diphtonguées. Ainsi ‘Tunc dicent inter gentes’ se prononce « tinque dissinte intèr jantèss ».
On peut remarquer la dualité de prononciation du son ‘en’, tantôt « in » (toujours le cas en fin de verbes), tantôt « an ». En fin de mot, le ‘n’ n’est pas nasalisé mais prononcé comme dans ‘nomen’.
De même le son ‘un’ connaît quelques variations : il se prononce tantôt « in », comme dans ‘Tunc’ tantôt « on » comme dans ‘Euntes’, ‘abundans’, ‘confundantur’ ou ‘sunt’. En effet, certains mots en ‘un’ en latin ont donné le son ‘on’ en français, ce qui explique cette dualité ( ‘abundans’ a donné ‘abondance’, ‘sunt’ est l’exacte traduction de ‘sont’, etc…)
Le ‘on’ se nasalise comme dans ‘Sion’ sauf dans le mot ‘non’ qui se prononce comme en italien.
Le son ‘in’ se nasalise comme dans ‘principali’ sauf dans le mot ‘In’ qui se prononce comme en italien.
- La consonne ‘j’ se prononce comme en français. ‘ejus’ ou ‘judicare’ ne doivent pas devenir « éyouss » ou « youdicare » comme en italien.
- Les consonnes ‘c’ et ‘g’ suivent les mêmes règles qu’en français, ce qui donne pour ‘pacem’ la prononciation « passèm », mais « k » dans ‘benedicam’. ‘Ecce’ se prononce comme dans le verbe accéder, le son « kch » utilisé en italien n’est pas correct. ‘diligit’ se prononce avec le son « j » mais ‘gaudio’ avec un ‘g’ dur.
(1) Sébastien de BROSSARD, Traité de la manière de bien prononcer, surtout en chantant, les Termes Italiens, Latins & François, in Dictionnaire de musique, pp. 331-350, Paris, 1703. Réimpression de l’édition d’Amsterdam, 1708, Minkoff, Genève, 1992.
Bron: http://orfeo.grenoble.free.fr/Annexes/galican.htm
Over de Chapelle Royale in het Frans of Nederlands.
2. (Pourquoi prononcer le latin « à la française?)
Een tweede bron is een pdf met de titel Pourquoi prononcer le latin « à la française » ?.
Il s’agit de la même démarche qui consiste à utiliser des instruments de musique anciens pour interpréter la musique écrite …pour eux. Le latin, à l’époque de la Chapelle Royale du temps de Louis XIII, Louis XIV ou Louis XV aussi bien qu’à la fin du 19e siècle n’était pas prononcé à la façon « italienne ». Car cette habitude n’apparut qu’au 20e siècle, avec la réforme vaticane poussant à faire adopter une prononciation italienne.
Ofwel:
Het is dezelfde aanpak die bestaat uit het gebruik van oude muziekinstrumenten om muziek te interpreteren die was geschreven… voor hen. Latijn werd in de tijd van de Koninklijke Kapel ten tijde van Lodewijk XIII, Lodewijk XIV of Lodewijk XV en aan het einde van de 19e eeuw niet op de “Italiaanse” manier uitgesproken. Want deze gewoonte kwam pas in de 20e eeuw, toen het Vaticaan aandrong op de aanvaarding van een Italiaanse uitspraak.
Hoe dan wel? Op zijn Frans! Maar met enkele uitzonderingen en variaties.
Règles de prononciation
La prononciation du latin gallican suit des règles somme toute assez simples : on prononce les mots, en général, comme on les prononcerait s’il s’agissait de mots français. Mais le français connaît de nombreuses exceptions…
- le ‘u’ est palatalisé (u français et non « ou » italien), ce qui donne pour Dominus, «dominusse » et non « dominousse ». Exception notable et courante, le son ‘um’ en fin de mot se prononce « ome » comme dans Dominum. Les deux sons du ‘u’ se retrouvent dans les mots manuum tuarum. Le ‘u’ de qui ou de quomodo se prononce légèrement, selon certains.
- les voyelles nasales sont respectées et non diphtonguées. Ainsi Tunc dicent inter gentes se prononce « tinque dissinte intèr jantèss ».
- On peut remarquer la dualité de prononciation du son ‘en’, tantôt « in » (toujours le cas en fin de verbes), tantôt « an ». En fin de mot, le ‘n’ n’est pas nasalisé mais prononcé comme dans nomen (nomène).
- De même le son ‘un’ connaît quelques variations : il se prononce tantôt « in », comme dans Tunc tantôt « on » comme dans euntes, abundans, confundantur ou sunt. En effet, certains mots en ‘un’ en latin ont donné le son ‘on’ en français, ce qui explique cette dualité : abundans a donné ‘abondance’, sunt est l’exacte traduction de ‘sont’, etc.)
Le ‘on’ se nasalise comme dans Sion sauf dans le mot non qui se prononce comme en italien.
Le son ‘in’ se nasalise comme dans principali sauf dans le mot In qui se prononce comme en italien. - La consonne ‘j’ se prononce comme en français. ejus ou judicare ne doivent pas devenir: «éyouss » ou « youdicare » comme en italien.
- Les consonnes ‘c’ et ‘g’ suivent les mêmes règles qu’en français, ce qui donne pour pacem la prononciation « passèm », mais « k » dans benedicam. Ecce se prononce comme dans le verbe accéder, le son « kch » utilisé en italien n’est pas correct. diligit se prononce avec le son « j » mais gaudio avec un ‘g’ dur.
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